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sommaire de la Lettre N°28, juin 2011


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Débat avec l’assemblée



mise en ligne: vendredi 10 juin 2011


Quelle vision commune pour l’Europe percevez-vous au sein de l’Union ?
La vision française de l’Europe que je défends a été confortée par mes rencontres sur ce continent. L’exemple hongrois est éclairant au sens où les aspirations de la jeunesse de ce pays s’opposent à celles de ses dirigeants actuels. Si notre européisme ne semble pas forcément partagé par tous, comme au Royaume-Uni, l’Allemagne me semble désireuse d’une relance de la construction politique ainsi que la Pologne. Ces deux pays associés à la France, ce triangle de Weimar, pourraient constituer un pôle fédéral européen.

Diversité de l’Europe, atout ou entrave à la construction de l’Union ?
La pluralité des langues en Europe m’apparaît à la fois comme un inconvénient et un avantage, au sens où l’apprentissage d’autres langues est très formateur, sans oublier l’importance de programmes d’échanges comme Erasmus. Pour répondre à ce déficit supposé de légitimité de la construction politique, l’Europe s’est nourrie de l’Histoire, surtout de celle du XXe siècle et de ses guerres mondiales, de l’engagement de ne plus jamais faire la guerre entre nous. La situation en Bosnie-Herzégovine, dont le peuple est bloqué dans un tripartisme, me paraît à cet égard emblématique. Cet ensemble ne peut avoir comme seul avenir réel que l’intégration à l’Europe. Les partis européens me paraissent essentiels, comme le PSE et le PPE, mais je fonde de grands espoirs dans l’essor d’Europe Écologie et surtout dans ses liaisons avec d’autres formations.

Que vous inspire la montée du populisme en Europe et l’absence d’identité commune ? Est-il envisageable de faire avancer la construction européenne avec un nombre réduit de pays ?
Le combat face au populisme est une indignation nécessaire car celui-ci mène au gouffre. L’anti¬dote réside dans sans doute dans les engagements au service de l’écologie et de la lutte contre les inégalités qui révèlent une conscience de ce gouffre. Pour répondre à vos craintes concernant l’absence d’identité commune partagée en Europe et la faiblesse des réponses de Barroso face aux dérives de Viktor Orbán, je citerais Hölderlin : « C’est quand le danger est le plus grand que le salut est le plus proche. »
Je serais enclin, avec Jacques Delors, à faire avancer l’Europe à cinq ou six, avec certains pays, au nom de l’État, mais pas au nom des grandes entreprises qui ne sont pas en mesure de traduire la volonté citoyenne publique.

Que pensez-vous de la panne du tandem franco-allemand observée aujourd’hui ?
Face à la « panne » actuelle du couple franco-allemand, j’insisterais sur l’exigence de ce partenariat fort, surtout que le peuple allemand a connu un XXe siècle incroyable, sa séparation suivie par sa réunion. Je perçois la volonté européenne de sa jeunesse comme plus forte que celle de la France. La notion d’État, forte chez les Européens, au contraire de celle des États-Unis, doit nous pousser à rechercher dans l’altérité de chacun des pays membres notre part commune. Je laisse le soin à La Voie d’Edgar Morin de définir cette « éducation vers une nouvelle façon d’être Homme ».

Que faire après le « non » à la Constitution ?
Le « non » à la Constitution européenne, motivé par le rejet du marché tout puissant, ne doit pas nous empêcher d’agir en faveur d’institutions fortes, bien au contraire. Edgar Morin a raison, l’inventivité politique fait défaut à l’Europe. L’éducation de la jeunesse ne suffit pas car la polis a besoin d’une façon de mobiliser ses citoyens. La société civile doit en effet développer la faculté de s’engager. Le succès extraordinaire d’un certain petit opuscule témoigne pourtant d’une attente et d’une capacité latente de celle-ci. Matérialiser son appartenance ou son engagement européen n’est pas facile. Le repli constitue bien une tentation dangereuse, menant à l’emprisonnement d’États minoritaires dans une économie globalisée.

L’affaiblissement de la France par rapport à l’Allemagne, quels en sont les enjeux ?
En ce sens, la question de l’affaiblissement de la France par rapport à l’Allemagne appelle aussi celle d’un égoïsme allemand supposé face aux autres pays de la zone euro et rejoint celle de l’expression française du « non » au traité européen. La victoire du « non » peut s’expliquer par la force de persuasion et le machiavélisme politique des adversaires du traité : grandes entreprises, fonds de pension, banques… La Banque centrale européenne a également joué un rôle détestable dans la promotion du néolibéralisme friedmanien. Les Allemands de l’Est gardent cependant un souvenir précieux des valeurs de l’État face au marché tout puissant. L’Östalgie doit jouer son rôle. Il n’est pas nécessaire de craindre une Allemagne économiquement forte.

Quelles formes peut prendre l’action politique pro-européenne ?
Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly poussent en faveur d’une alliance naturelle entre Europe Écologie et le PS, force et chance qu’il ne faut pas laisser échapper. La mobilisation citoyenne européenne existe comme Attac l’a prouvé. Son insuccès relatif – qui voit Davos l’emporter sur Porto Alegre – ne doit pas masquer la nécessité d’un retour de l’inventivité politique. Je déplore cependant le manque de « figures » en Europe et de vision du futur qui tempère cette aspiration. L’organisation de la société civile doit donc être soutenue à l’échelle européenne, matérialisant l’appui nécessaire de l’État sur ses propres citoyens. Les ONG ont ici un rôle d’importance à jouer, ainsi que toutes les dimensions de nos démocraties participatives.

Vers quels combats diriger nos forces pour relancer la construction européenne ?
Au final, la complicité des pouvoirs économiques et politiques oblige la société civile à rappeler à l’État sa préoccupation essentielle de justice sociale. Une inventivité politique supérieure est nécessaire pour casser cette connivence. La place de la laïcité et des idées défendues par le Cercle Condorcet face à la montée des intolérances religieuses appelle parmi les remèdes de promouvoir la justice sociale et la lutte contre les inégalités. Condorcet prônait l’éducation de tous, c’est en effet une des solutions. Face à la montée des inégalités, la réponse crédible d’un candidat de gauche doit à la fois mêler prudence et enthousiasme. Enfin, pour revenir à l’Europe, celle-ci doit s’atteler à faire entendre sa voix pour résoudre les problèmes du monde. ■

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