Cercle Condorcet de Paris Afficher la date et l'heure en temps réel en javascript

   ☰

Document sans titre



Après les attentats du 13 novembre 2015


mise en ligne: mardi 17 novembre 2015


Les attentats de vendredi soir nous ont tous brutalement plongés dans l’horreur. Ils ont été commis dans des lieux à proximité de la place de la République dont la charge symbolique est forte. Dans un quartier où se mélangent des populations de toutes origines, jeunes et moins jeunes, où se pratique particulièrement le goût français pour les plaisirs simples de la table et de la conversation. Ce n’est probablement pas un hasard si ce sont des terrasses de café ou de restaurant qui ont été les premières cibles suivies par un massacre dans une salle réputée pour accueillir des concerts de musique de rock, fréquentée par une jeunesse cosmopolite. Le stade de France, où se tenait un match de football amical entre la France et l’Allemagne, lieu de rassemblement populaire a été également visé.
La violence de ces attaques terroristes ne peut être justifiée par aucune raison politique ou religieuse, quelle qu’elle soit.
Nous portons le deuil de ces victimes innocentes et partageons la douleur des blessés, la peine de leurs proches : nous les assurons de notre soutien fraternel.

Ces assassinats visent à détruire ce qui est humain, ce qui est raison, esprit de progrès et de liberté, les valeurs de fraternité, le souci de l’égalité. C’est ce que nous devons défendre en défendant nos démocraties.

Mais nous devons aussi mettre en garde contre toute exploitation de ces événements dramatiques qui viserait à désigner une partie de la population comme bouc émissaire, au prétexte de sa religion ou de ses origines, à créer des fractures entre groupes humains, ou qui chercherait, au-delà des mesures de sécurité nécessaires, à restreindre durablement les libertés fondamentales. Les politiques au nom de la peur ou par l’exclusion se terminent toujours mal.

Nous tenons en particulier la laïcité, principe républicain de coexistence du pluralisme religieux, comme un moyen d’assurer la paix civile et à chacun la possibilité de pratiquer le culte de son choix.

Ils ont tué. Ne les laissons pas gagner en nous opposant entre nous et en cédant aux haines et aux vengeances.

Il y a 1 contribution(s) au forum.
Après les attentats du 13 novembre 2015
20 novembre 2015
par Raphaël Parejo, sociologue et ethnomusicologue

Bonjour,

Je suis un chercheur français, sociologue et ethnomusicologue, qui actuellement vit et travaille en Espagne. Je porte également le deuil de toutes ces morts violentes.

Bien sûr nous sommes tous choqués et révulsés par cette barbarie et le fait que certaines de nos valeurs essentielles aient été visées (mode de pensée, mode de vie, mais aussi notre système politique bien mis à mal depuis quelques années).

Je ne suis pas vraiment surpris par la radicalisation d’une partie de la jeunesse française, souvent issue à deux ou trois générations de distance de l’immigration, mais pas seulement. Car il est encore plus inquiétant de constater que désormais de jeunes français "de souche" sont aussi partie prenante de cette radicalisation.

J’ai eu l’occasion dans les années 1980 du siècle passé de travailler dans les banlieues de Paris et de participer à des groupes de réflexion qui s’étaient alors montés. Je pense en particulier à l’un d’entre eux très actif, parrainé par le Ministère de l’Éducation Nationale, dont les réunions se tenaient à l’École Normale Supérieure (rue d’Ulm), et qui portait sur l’interculturalité, l’intégration et le rôle essentiel de l’éducation. Dans tous ces groupes était régulièrement évoqué un malaise persistant des enfants, adolescents et jeunes adultes de ces zones urbanisées qui étaient déjà en exclusion.

Je me demande donc ce qu’a fait la République, tant sous les gouvernements de gauche que ceux de droite, après toutes ces alertes données durant des décennies par éducateurs, élus locaux, mais aussi chercheurs (plus spécialement sociologues), sans oublier les services de police ? Les intellectuels (chercheurs et analystes) ont fait leur boulot durant toutes ces années, les politiques pas vraiment.

Après ces attentats horribles, le massacre survenu à Charlie Hebdo et ceux de ce 13 novembre à Paris et Saint-Denis, qui nous horrifiés, il nous faut faire preuve à la fois de résolution et fermeté dans la réponse policière et si nécessaire militaire apportée, mais aussi et surtout savoir raison garder. Et aborder une fois pour toute une autocritique en profondeur.

Il nous faut garder effectivement la tête froide, ne pas prendre de décisions “à chaud" comme cela semble le cas. Et ne pas tomber dans le piège qui consiste à monter un état policier qui ne résoudra pas le problème terroriste en soi, et surtout le problématique complexe de la jeunsee française, et ne fera que limiter les libertés dans un pays où le fondement même est justement le principe "liberté, égalité, fraternité.

La réponse militaire à l’extérieur et le déploiement miltaire et policier à l’intérieur avec proclamation de l’état d’urgence, ne doivent pas occulter plus de 30 ans ne non-réponse aux problèmes des banlieues et autres zones d’exclusion au sein même de la société française.

Ce sont des réflexions que je lance comme cela, mais qui mériteraient bien sûr d’être débattues.

Merci pour votre site qui est un intéressant et nécessaire espace de réflexion.

Mes meilleures salutations.

retour au début des forums
Popularité
Cet article a une popularité absolue égale à 1, soit 35 % de 3. Au total, ce site fait environ 524 visites par jour.



site réalisé avec SPIP | navigateur conseillé firefox - | - Accès réservés: Conseil d'Administration - | - Bureau
AccueilL - | - En résumé - | - Tout le site - | - Admin