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L’Europe et les migrants



mise en ligne: mardi 2 février 2016


La question des migrants, venus essentiellement du Proche-Orient, menace de déstabiliser l’Europe : remise en cause des accords de Schengen, aggravation du sentiment anti-Européen en Grande Bretagne, vote largement majoritaire d’une loi visant à confisquer les biens des migrants par le parlement danois, expulsion de migrants en Suède, construction de murs et barrières en Europe centrale, tensions en Allemagne, accueil sélectif proposé par certains pays, …. Où sont les valeurs Européennes ? Voulons-nous d’une Europe forteresse de riches ou d’une Europe rayonnante ?

Quelques données sur les migrants

Les causes de cette vague migratoire sont doubles :

-  La guerre injustifiée contre l’Irak lancée en 2003 par le pouvoir républicain Américain pour s’accaparer le pétrole Irakien

-  La remise en cause du pouvoir dictatorial et minoritaire du clan El Assad à l’occasion des « printemps arabes »

A cette vague, s’ajoutent des migrants économiques provenant d’Afrique subsaharienne ou des personnes fuyant les zones de guerre comme l’Afghanistan ou la corne de l’Afrique.

Le flux migratoire concernant l’Europe représente quelques millions de personnes soit au plus 1% de la population de l’UE. En outre, beaucoup de ces migrants ont payé des sommes importantes pour leur « voyage » et sont donc issus de la classe moyenne voire de la classe supérieure (professeurs, ingénieurs, étudiants, commerçants, …). Les exilés plus modestes sont plus nombreux mais restent parqués dans des camps en Jordanie, au Liban et en Turquie où ils représentent un afflux de population nettement supérieur à celui vécu en Europe.

Enfin, beaucoup de ces migrants aimeraient rentrer chez eux à terme, à condition que la paix revienne rapidement.

Les migrants comme révélateurs du malaise Européen

Ces données rapides montrent que l’Europe aurait dû absorber ce flux migratoire assez facilement avec une politique coordonnée mais plusieurs maladresses ne l’ont pas permis :

-  L’attitude imprudente d’Angela Merkel et son opération « portes ouvertes » de l’été 2016. L’industrie allemande dit manquer de main d’œuvre qualifiée (malgré la multiplication des mini jobs ?) : Angela Merkel a donc proposé une large ouverture aux migrants sans organiser suffisamment leur accueil ni la logistique. En outre, son pari politique de redorer le blason allemand par une politique généreuse s’est heurté aux égoïsmes et aux conservatismes de son pays.

-  Certains pays récemment entrés dans l’Union sont très sourcilleux quant à leur souveraineté : ils ne veulent pas avoir troqué le joug soviétique pour une suzeraineté bruxelloise certes plus douce et beaucoup plus favorable financièrement. Actuellement, ces pays connaissent des soubresauts nationalistes et populistes inquiétants notamment si on les rapproche de leur histoire de la première moitié du XXème siècle.

-  La non résolution de problèmes parfois anciens comme celui de Calais ou de
certaines zones d’accueil en Italie

-  La faiblesse du soutien à l’administration Grecque

Toutes ces causes ont été dommageables mais le refus croissant des migrants traduit aussi un essoufflement de l’Europe. Les Européens n’ont plus de perspective d’avenir avec une Commission de plus en plus absente qui continue à édicter des normes et des règlements au lieu de fournir vision et sens à la construction Européenne. La gestion purement financière de la crise des pays d’Europe du Sud et notamment de la Grèce a abimé l’image de l’Europe (et de l’Allemagne) dans beaucoup de pays.
Cette situation prouve qu’une Europe libérale bâtie sur la libre circulation des capitaux et des marchandises mais sur la résolution nationale des crises et des problèmes sociaux n’est pas stable à terme !

Que faire ?

A court terme, l’Europe doit faire le maximum pour que les différents conflits au Moyen Orient soient réglés dès que possible. Ceci passera par une relation renouvelée avec la Russie voire avec l’OTAN.
Un plan concerté d’accueil des réfugiés et des migrants (en Europe et dans les pays proches) doit être mis en place. Il doit comporter un volet spécial pour les populations les plus fragiles (certains estiment que 10.000 migrants mineurs auraient disparu, victimes de réseaux mafieux de mendicité ou de prostitution).
Il faut aussi que les entrants de 2005-2007 comprennent que l’Europe n’est pas juste un guichet où puiser des subventions mais qu’y appartenir implique le respect de règles démocratiques et de valeurs. De même, la Grande Bretagne doit admettre que l’Europe ne peut pas être à la carte et qu’en être membre implique une certaine solidarité avec les pays les moins favorisés.

Plus globalement, l’Europe doit retrouver une dynamique économique et une vision de son avenir. Ceci permettra à certains peuples d’accepter des sacrifices passagers nécessaires au respect du projet et des valeurs européens.

Le couple Franco-Allemand doit redevenir un moteur de l’Europe notamment via la promotion d’une harmonisation fiscale et sociale. Un grand plan de développement de l’Europe du Sud et de l’Est doit être mis sur pied (sans doute à partir du plan Juncker dont on ne parle plus).

Même si la laïcité est souvent regardée comme une construction Franco-Française, son application serait très utile dans plusieurs pays pour diminuer les tensions.
La construction Européenne est en danger : les principaux leaders Européens doivent se concerter pour offrir un nouvel avenir aux Européens fondé sur des valeurs démocratiques et humanistes.

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