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Bienvenue au 21 ième siècle !



mise en ligne: mardi 31 janvier 2017


La montée de l’extrême droite se généralise dans le monde . Aux Etats-Unis, Donald Trump devenu Président des Etats-Unis, s’élève contre le libre échange, pourtant principe fondamental du « libéralisme », construit un mur contre les immigrés mexicains, rêve d’interdire l’avortement, et de permettre le port d’armes à l’école. En Russie la Douma supprime la pénalisation des violences faites aux femmes...En Russie comme en Chine, où les échanges sont minés par la corruption et l’instabilité juridique, les firmes multinationales hésitent à investir. En France, Marine Le Pen est aux portes du pouvoir. En Pologne et en Hongrie, on voit s’épanouir les démocraties illibérales.

Le libéralisme politique, partie intégrante de l’ultra libéralisme , est contesté par les régimes autoritaires et l’extrême droite.
L’ultra libéralisme dominant jusqu’au début du 21 ième siècle, ne parvient plus à gérer les inégalités et la pauvreté qu’il provoque, sans soulever les vives réactions politiques et les révoltes des laissés pour compte de la mondialisation. Ces réactions politiques ne profitent pas à la gauche mais aux partis d’extrême droite, qui apparaissent pour l’instant, comme les seules forces politiques capables de le tenir en échec.
L’accession surprise de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, la très forte probabilité, de voir Marine Le Pen remporter l’élection présidentielle en France [1], ne sont que les symptômes de ce phénomène

La gauche, plombée par le naufrage du communisme réel, représenté symboliquement par la disparition de l’Union Soviétique en 1989, affaiblie par les échecs et les trahisons successives des social-démocraties européennes, peine à obtenir l’adhésion des perdants de la mondialisation.

Aux discours souvent pertinents, bien construits et argumentés de Bernie Sanders aux USA, Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, Jean-Luc Mélenchon, Benoîst Hamon ou Arnaud Montebourg, en France, une partie des Laisser pour compte de la mondialisation , préfèrent ceux qui opposent le peuple aux élites, les nationaux aux étrangers.

Le remplacement de la mondialisation ultra libérale par un système plus juste nécessiterait l’établissement d’une régulation sociale internationale qui remplacerait la régulation actuelle par les marchés financiers (qui elle fonctionne toute seule). Mais ni la gauche ni personne, n’est pour l’instant capable d’indiquer les moyens de la mettre en oeuvre. C’est l’une des difficultés majeures à laquelle se heurte tout espoir d’établir un système alternatif..

L’ultra libéralisme est comme la bicyclette : s’il n’avance pas, il tombe. Et deux murs se dressent sur sa route. [2] Ils risquent non seulement de le ralentir mais de le faire chuter.

Le premier mur est celui de la difficulté à trouver de nouveaux marchés dans le monde, permettant des retours sur investissements de 15% ou plus, et de continuer à étendre les délocalisations industrielles vers les pays possédant une main-d’oeuvre qualifiée et mal payée.

Car la planète terre n’est pas infinie
. La chasse aux nouveaux marchés est en train d’atteindre ses limites. Chaque pays développé ou en voie de développement adopte des mesures de "compétitivité" et gagne "de nouvelles parts de marché " sur la concurrence.

A l’âge d’or de la dérégulation au début des années 70, les multinationales pouvaient délocaliser dans les pays à salaires suffisamment faibles. Il n’y avait que l’embarras du choix. Las, ces paradis off-shore sont en voie de disparition rapide sous la pression des travailleurs qui réclament et obtiennent des augmentations de salaire. La baisse tendancielle du taux de profil prévue par Marx, n’arrange pas les affaires, non plus que le ralentissement de la croissance qui en découle et la disparition des emplois sous qualifiés, dû aux progrès des technologies numériques.

La Nouvelle frontière proposée par John Kennedy en juillet 1960, était celle qui prétendait s’étendre au-delà de l’ère des nations, et promettait un ordre progressiste mondial. Ayant disparue de notre horizon 11 ans plus tard [3],
la Nouvelle frontière a été malencontreusement remplacées par les anciennes. Les nationalismes s’épanouissent. Le monde décrit par Hobbes est en train de se mettre en place : celui de tous contre tous. La manière dont la crise des réfugiés a été gérée en Europe en est un exemple. La politique isolationniste mise en œuvre par Monsieur Trump, en est un autre.

Le deuxième mur auquel va se heurter le système actuel est le mur de la démographie et de l’environnement.
En 2017, la population mondiale compte environ 7 milliards d’habitants. Elle atteindrait selon les estimations entre 9,7 et 10 milliards d’habitants en 2050.
Ce qui augmente la capacité de charge de la planète et l’empreinte écologique totale (hausse de près de 30% des besoins alimentaires et de la consommation d’énergie)

Martin Lees comme les experts du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat (le GIEC), pense que si l’on ne prend pas immédiatement des mesures drastiques concernant la transition énergétique, qui passent, par exemple, par l’arrêt immédiat des centrales à charbon et à énergie fossile, le taux de carbone dès 2050 sera tel qu’il sera impossible de maintenir le réchauffement de la température moyenne de la planète au-dessous de 1°,5 avec des conséquences catastrophiques d’ici quelque décennies. Or selon lui : « Les actions et les engagements pris par nos gouvernements à la COP 21 à Paris sont de loin insuffisants [4] ».

Il est difficile d’imaginer, alors que l’opinion publique elle-même, n’est pas consciente de l’urgence des actions à entreprendre, que les gouvernements, en majorité de droite dans le monde, et les multinationales accepteront l’idée d’investir des milliards de dollars [5] dans la transition énergétique, sa planification et dans les économies d’énergie,

On ne sait pas encore l’étendue des dégâts provoqués par l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Mais on est sûr d’une chose : il torpillera l’accord de Paris de 2015 sur le climat, entraînant dans son sillage un grand nombre d’autres pays.

L’absence de mesures immédiates pour limiter le réchauffement climatique risque d’avoir des conséquences dévastatrices pour la vie sur terre dès les années 2050.

Verra-t-on dés le début des années 2050, le système mondial dominant actuel , victime de ses contradictions , remplacé peu à peu par des régimes autoritaires ou illibéraux au moment même où un réchauffement climatique irréversible commencera à mettre en danger l’ensemble de la civilisation et menacera la survie de l’espèce humaine ?

Heureusement, le pire n’est pas toujours sûr : Il se contente d’’être probable

Alors oui , bienvenue au 21 ième siècle !

[1surtout après la mise en cause de François Fillon accusé d’avoir rémunéré sa femme sur des emplois présumés fictif

[2Voir l’article de François Chesnay publié le 4 févier 2017 par la revue "A l’Encontre"

[3C’est le 18 décembre 1971 que Richard Nixon a aboli les accords de Bretten Wood en laissant flotter le dollar. Ce fut l’un des événements les plus marquants de l’année 1971. Le 18 décembre, la conférence de Washington au Smithsonian Institute signe la fin du système monétaire international défini en 1944 à Bretton Woods. Ce système était basé sur la convertibilité en or de la monnaie centrale, le dollar, sur la fixité des taux de change et sur la solidarité entre les signataires. C’était le début de la dérégulation.

[4Martin Lees : Si tous les engagements que les gouvernements ont pris pour réduire les émissions devaient être mis en œuvre, y compris les engagements à Paris 2015, nous serions toujours sur la voie d’une hausse de température de l’ordre de 3°/4°C. Une telle hausse créera des conditions intolérables pour l’humanité et en plus, pour la plupart des autres espèces vivantes. Et encore, cette estimation est une moyenne mondiale. Cela impliquerait une augmentation d’à peu près le double ou même plus dans certaines régions du monde, comme le Groenland, l’Antarctique de l’Ouest, le Tibet et les Alpes.

[5Le monde a besoin de 90.000 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures vertes au cours des 15 prochines année. Joseph Stiglitz et Gaël Giraud, Le Monde économie et entreprise du 3 février 2017.

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