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sommaire de la Lettre N°14 de la lettre - en avril 2005


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Concurrence ou société
N°14


Au fur et à mesure que se poursuit le débat sur le thème que nous avons retenu pour l’année - « Un nouveau contrat de société » - les termes de ce débat se précisent, l’arrière fond se clarifie.

mise en ligne: vendredi 17 décembre 2004


Le choix qui nous est offert, à nous citoyens de France et d’Europe, est, de plus en plus nettement, entre la concurrence et la société organisée. La concurrence est devenue le principe moteur de notre monde. Inspirée par l’idéologie néo-libérale selon laquelle chacun tente sa chance et gagne sa place au mérite, dans l’hypothèse d’une utopique égalité des chances qui n’est pas vérifiée, elle tend à s’imposer partout, dans notre pays, en Europe et dans le monde. Elle va de pair avec la montée de l’individualisme, la célébration du « sujet » et du retour sur soi (le retour sur le « moi », devrait-on dire). Alain Touraine, dans son élan et dans son dernier ouvrage, « Un nouveau paradigme. Pour comprendre le monde d’aujourd’hui », n’hésite pas à parler de la « fin des sociétés », ou, du moins, des fondements sociaux de la société occidentale, comme d’autres ont parlé de la « fin de l’histoire ». Effet de mode, sans doute. Mais devons-nous nous y résigner ?

Vous nous permettrez de ne pas être d’accord. Au contraire, notre monde a besoin de Société. Et l’excès actuel dans le sens de la concurrence et de l’individualisme appelle une correction. Ne soyons pas en retard d’une guerre.

Les formes de sociétés mises en place après la Seconde Guerre Mondiale, la société « fordiste » selon les termes de Michel Aglietta, ont été durement atteintes par le tsunami néo-libéral qui nous a submergés au cours du dernier quart du XXème siècle. La protection sociale, le droit du travail, l’Etat Providence ont subi et subissent encore aujourd’hui de rudes coups. Il s’agit maintenant de recomposer les formes de sociétés pour le monde de demain, pour un monde plus juste, moins inégalitaire et plus respectueux de l’environnement. C’est ce à quoi nous devons nous atteler grâce à un esprit de coopération, face aux périls planétaires, et de respect mutuel entre les différentes sociétés du monde (comme nous en avons débattu lors de notre récente « plénière » animée par Monique Chemillier-Gendreau et Jean Chesneaux sur le thème des « universaux »).

Un exemple : la place et le rôle des services publics. Il est de bon ton aujourd’hui de parler de « culture du résultat » - résultat financier s’entend, ce qui est significatif d’une déviance bien actuelle - et de vouloir l’étendre au secteur public. C’est oublier que le secteur public, dans sa plus large part - éducation, santé, transports, droit à l’eau.... -, a d’abord pour mission d’assurer aux populations des conditions de vie décentes et de contribuer à l’épanouissement de l’Homme. Même s’il convient, bien entendu, d’assurer cette mission sans le gaspillage de ressources auquel peut conduire, par exemple, un excès de bureaucratie, son objectif ne saurait en aucun cas être résumé par la formule lapidaire de la « culture du résultat », ni l’évaluation de son efficacité mesurée à l’aune de ce résultat (financier). En d’autres termes, l’efficacité d’un service public méritant ce qualificatif ne peut être jugée qu’en fonction de l’accès qu’il offre à tous, y compris les plus démunis, à ce service, ou encore à la satisfaction qu’il procure à ses usagers et non en fonction des résultats financiers qu’il produit. Ceci va à l’encontre de bien des idées reçues - et, en particulier, des orientations qui ont présidé à la tentative de réforme de ces mêmes services en Russie - et explique pourquoi nombre de ces services ne devraient pas être dévolus - ni même concédés - au secteur privé dont, jusqu’à nouvel ordre, le principe de fonctionnement est le « résultat financier ».

Ne nous démobilisons pas face aux forces qui tendent à transformer le monde en champ clos de la concurrence en prenant pour référence le prétendu « modèle américain ». Mobilisons nos énergies pour œuvrer à la réorganisation de notre société face aux menaces que font peser la mondialisation incontrôlée et les dérives néo-libérales, dans le droit-fil du thème central du programme de cette

Michel Cabirol, co-président du Cercle Condorcet de Paris

Co-président du cercle Condorcet de Paris

Jean-Pierre Pagé, co président du Cercle Condorcet de Paris

Co-président du cercle Condorcet de Paris



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