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Cercle Condorcet de Paris






Les états d’urgences font redécouvrir la nécessité du Droit

Plénière du 8 avril 2021

mise en ligne: vendredi 21 mai 2021

Présentation Philippe Aghion – Plénière en visioconférence du 8 avril 2021 -

PENSER L’APRÈS COVID : LE POUVOIR DE LA DESTRUCTION CRÉATRICE

Avec
Philippe Aghion*
Professeur au Collège de France

J’ai le plaisir de vous présenter ce soir le renommé économiste, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Economie des Institutions, Innovation et Croissance » mais qui est aussi resté pour moi ce grand ami de jeunesse, communiste à l’époque, qui m’entraînait à la fête de l’Huma et voulait me convertir !
Il a étudié puis enseigné pendant 20 ans à Harvard de 2000 à 2020, et cette période nous a éloignés mais j’ai suivi de loin sa brillante carrière, ses prestigieuses récompenses internationales, ses travaux et livres dont vous avez le détail sur le site du cercle et dans l’invitation que vous avez reçue.

Ses travaux sur une nouvelle théorie de la croissance et de l’innovation pourrait laisser penser qu’il a totalement changé, étant devenu adepte d’un social libéralisme à la scandinave, d’un capitalisme régulé.

Cependant quand nous nous sommes revus et quand Laure et moi avons assisté à certains de ses cours au collège de France, j’ai compris que non !

Philippe est resté le même, généreux, passionné, enthousiaste et engagé. Sans être un politique, il essaie d’influer sur les politiques économiques en France, depuis la commission Attali en 2008, jusqu’à ses propositions au candidat Hollande puis au candidat puis président Macron, en gardant toujours à cœur les préoccupations sociales.

Il aime débatte et transmettre, en particulier aux jeunes, et travailler en équipe. Au-delà de la théorie, il sait être pragmatique, se remettre en question et s’adapter. Il a gardé cet optimisme contagieux qui fait du bien, encore plus en ce moment !

En effet, la crise Covid 19 a bouleversé notre monde de façon nouvelle et inattendue. Dans un monde économique et social construit autour des échanges et des mobilités, elle a contraint à réduire les échanges physiques, à instaurer des distances, à modifier nombre de comportements. Elle a aussi conduit à une contraction jamais vue depuis la seconde guerre mondiale de la croissance, et à gonfler les dettes publiques au delà de l’imaginable. Le développement de la pauvreté et des inégalités a repris. Beaucoup s’interrogent sur les conséquences de cette crise, sur les capacités de nos sociétés à poursuivre la croissance passée, ou même à inventer de nouvelles voies, notamment pour contrer le dérèglement climatique.
La crise est un moment où les prises de décisions sont essentielles, en particulier pour traiter les causes qui y ont conduites et éviter qu’elles se reproduisent. Mais aussi pour changer nos paradigmes. Y parviendrons-nous ?
Philippe Aghion est de ceux qui pensent que ce processus de destruction est une opportunité de création de nombreuses voies de croissance. « Plutôt que de vouloir dépasser le capitalisme, il faut chercher à mieux le réguler … mais comment diriger cette destruction créatrice vers l’objectif d’une croissance plus verte et juste », écrit-il. « Comment faire que les innovateurs d’hier n’utilisent pas leurs rentes pour empêcher de nouvelles innovations ? »
Nous savons que les innovations du passé ont aussi contribué à des destructions qui ne furent pas que créatrices… Schumpeter, qui a inventé cette notion dans les années 1940, s’était inspiré des travaux de Marx mais aussi des observations des changements intervenus, presque par nécessité, après la première guerre mondiale, vers des approches plus sociales des politiques, dans des climats plus démocratiques.
Renouvelant l’approche de Joseph Schumpeter, Philippe Aghion vient de publier avec Céline Antonin et Simon Bunel ce livre : « le pouvoir de la destruction créatrice ». Critiquant la théorie néo-classique développée par Robert Solow qui ne prendrait pas en compte les pouvoirs de l’innovation à faire changer les équilibres économiques, ils proposent une nouvelle approche. Celle-ci peut-elle s’appliquer à cette période de crise, unique, et permettre de gérer l’après Covid ? Un point moins économique (en apparence) pourra aussi être abordé. Joseph Schumpeter défendait la nécessité de construire la démocratie avec une forme de socialisme. Le projet de Philippe Aghion et de ses collègues peut-il aussi contribuer à un affermissement de la démocratie alors que dans le monde les crises semble souvent l’affaiblir ?
Philippe Aghion, débattra avec nous sur ces questions ce soir.



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