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Ce que dit aussi la popularité des Gilets jaunes



mise en ligne: lundi 11 février 2019

Les Gilets jaunes maintiennent leur pression sur le pouvoir : on en était hier à l’Acte XIII de leur mobilisation, avec une main arrachée à Paris qui ajoute à la longue liste des blessés de la répression. Le soutien dans l’opinion publique demeure très élevé.

Dans ce tableau, paradoxalement, les revendications populaires ne me semblent pas premières : dans sa diversité, tout comme l’est le mouvement lui-même, ce soutien qui ne se dément pas traduit surtout, me semble-t-il, une profonde angoisse collective touchant à l’avenir du modèle de société conçu à la Libération et consolidé pendant les « Trente Glorieuse ».

Longtemps, aussi imparfait était-il, on avait voulu croire stable ce modèle, et solidement installé ; mais son socle s’est lentement fissuré au fil du temps, avant d’éclater aujourd’hui. En contrepoint de la liquidation sans inventaire à laquelle il entend procéder, le pouvoir actuel ne propose aucun modèle de substitution attrayant ni même lisible : tout paraît subordonné à une adaptation au pas de charge aux exigences du marché mondial globalisé.

L’ombre portée du macronisme apparaît aujourd’hui comme celle d’un libéralisme de plus en plus autoritaire, avançant masqué sous l’argument de la nécessité. Les premiers de cordée y sont en concurrence, et tous les autres gigoteront dans le vide avant de lâcher prise pour grossir les rangs d’un sous-prolétariat que l’on contiendra aisément par la force… L’angoisse sociétale tient au fait que, confrontée au simplisme de la démarche du pouvoir, aucune alternative crédible n’a encore pris corps dans une opposition déstructurée.

Le vieux, la crise, le neuf… Le texte de Chevènement qui porte ce titre repris de Gramsci date de 1977. Quarante ans ! Il est des agonies et des naissances dont l’interminable lasse la patience des peuples.

Pour revenir aux Gilets jaunes et aux perspectives du mouvement, peut-on dire que le meilleur et le pire sont en suspens, que le meilleur demeure d’un flou désespérant, et que le pire pourrait vraiment advenir ? La citation exacte de Gramsci est, je crois : Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.



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