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Sommaire de la Lettre N°46, mai 2019-octobre 2019


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La Présidence Macron à l’épreuve du temps démocratique
mise en ligne dimanche 12 mai 2019
Sur le populisme de gauche
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mise en ligne mardi 15 mai 2018
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mise en ligne dimanche 14 janvier 2018
Une vieille histoire de représentation politique
mise en ligne dimanche 14 janvier 2018


La Présidence Macron à l’épreuve du temps démocratique
Plénière du 14 janvier 2019



mise en ligne: dimanche 12 mai 2019

« Venant d’un institut de sondage, le réflexe le plus commun serait de considérer a priori que mes propos seront faux ou biaisés, que certains faits seront imaginaires ou que ma connaissance est plus ou moins nette ». Un tel préambule énoncé, Jean-Daniel Lévy précise les moyens de ses analyses. Le fait d’être en permanence à l’écoute des populations interrogées sur des sujets très différents permet aux « sondeurs » de recueillir des éléments d’analyse différents de ceux des hommes politiques qui s’informent le plus généralement dans la presse. Le résultat de leurs analyses peut donc paraître quelquefois surprenant, voire différent de celui des analyses auxquelles nous procédons avec nos moyens de connaissance mais n’en reflète pas moins l’opinion de la population française.
La situation actuelle, en présence des « gilets jaunes », résulte de facteurs anciens. La France est un vieux pays passionné de politique, guidé par des principes, où l’on déteste les politiques et dont l’Etat s’est construit avant la Nation. Le premier de ces principes constitutifs depuis 1789 est l’Egalité. Le second, est celui inculqué par le Conseil National de la Résistance à travers nos différents systèmes de solidarité et l’indispensable compensation entre biens portants ou malades, ruraux et urbains, personnes qui ont une activité professionnelle et celles qui n’en ont plus. Ces deux dimensions ressortent de manière profonde lorsqu’on interroge nos concitoyens sur les fondements de la société française. Ce n’est pas le marché ni les individus qui doivent diriger l’intérêt national. Ce sont les politiques.
• Une position identitaire partagée ?
La dernière élection présidentielle a pour partie répondu à ce double enjeu. Emmanuel Macron était relativement jeune et avait une expérience professionnelle reconnue, correspondant pour l’essentiel au portrait type du Président de la République idéal. Il y a 18 mois encore, il était considéré comme ayant une honnêteté intellectuelle, une probité économique et incarnait le dynamisme, arrivant à concilier et la gauche et la droite autour de sa personne, certes davantage qu’un projet politique.
A chaque élection présidentielle précédente, que ce soit en 1981, 2002, 2007, 2012, un thème politique prévalait. La gauche au pouvoir, la fracture sociale, le « travailler plus pour gagner plus » sont autant de thèmes qui, jusqu’alors ont donné le rythme politique. En 2017, nous n’avons pu tester une quelconque orientation politique constitutive du vote en faveur d’Emmanuel Macron. Son score au premier tour, 24 %, a été historiquement faible. Le vote utile par rapport à des duels peu souhaités ; Marine Le Pen/Jean-Luc Mélenchon ou Jean-Luc Mélenchon/François Fillon, François Fillon et Marine Le Pen, a probablement prévalu sur le choix politique, Emmanuel Macron devenant le recours.
Entre les deux tours, peu de Français peuvent considérer que le débat a été profitable à Marine Le Pen. En dépit de ce débat, le Front National a encore progressé de 13 points. Vingt-cinq pour cent des électeurs ont pris un bulletin Le Pen. Peut-on parler alors d’engouement pour le macronisme ? S’agit-il d’une évolution totalement nouvelle ? Absolument pas. Depuis 2011, le FN est passé du libéralisme économique à une composante sociale (République, laïcité, légalité). En même temps, Marine Le Pen a remplacé son père. Aux Européennes de 2014 le FN est arrivé en tête avec 24% des voix, devenant la 1ere force de France. Aux Départementales 2015 il a fait 27% et aux Régionales 2015 : 28%.
Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, gagnée principalement sur sa personne, les tensions politiques précitées sont présentes. Les élections législatives ont été marquées par un record absolu d’abstention. Moins d’un français sur deux a voté au premier tour. Au deuxième tour, moins de 43% des français se sont déplacés, avec un objectif simple : donner une majorité au Président.
• L’épreuve du pouvoir
A l’épreuve du pouvoir, quelques micros-évènements ont permis de constater que la tension sous-jacente persistait. Deux annonces concomitantes de mesures pourtant conformes à la logique du programme électoral ont pu déstabiliser la confiance des français en leur Président : l’annonce de la baisse de 5 euros des APL et la suppression de l’ISF. Nous sommes mi-juillet 2017. Alors qu’à l’issue de la remontée des Champs-Elysées dans le command-car et de sa prise de pouvoir, Emmanuel Macron était passé assez remarquablement, aux yeux de l’opinion, de personnalité « jeune » à « compétente », le doute s’installe sur la finalité du projet politique qui est mené sous l’autorité du Président de la République.
Malgré cela, la réforme du code du travail n’engendre pas plus de réactions que n’en avait engendré en son temps la loi El Khomri, les sondés considérant qu’elle avait été largement annoncée en amont et qu’il fallait, comme pour ses prédécesseurs, laisser le Président gouverner avant de le juger et qu’à leurs yeux, contrairement aux orientations hors mandat de François Hollande, il n’y a eu ni trahison ni rupture d’égalité, voire ouverture à la réforme.
Les Français jugent plus leur personnel politique sur les valeurs que sur leurs résultats.
Les annonces concernant la baisse des APL et l’ISF ont stoppé tout cela, d’autant que des petits incidents sans importance potentielle apparente ont commencé à laisser s’étendre l’appellation peu porteuse en France de « Président des riches » et la qualification « d’arrogant », deux vocables qui apparaissent le plus souvent dans les réponses des sondés, y compris dans celles de ses électeurs.
C’est plus précisément à la suite de quatre micro-évènements que la chute de la cote de popularité du Président a commencé : installation d’une piscine au fort de Brégançon, achat de vaisselle par l’Elysée, utilisation d’un avion Falcon pour parcourir quelques dizaines de kilomètres ainsi qu’une fête de la musique décalée, ceci en l’absence de toute décision politique ou économique majeure. Ensemble d’excès qui ont valu à l’intéressé une perte immédiate de 7 points de popularité, ce dernier étant considéré désormais par l’opinion non seulement comme Président des riches, arrogant, élu pour servir mais vu en position de se servir.
Dans ce contexte, l’affaire Benalla survient. En août, les mauvaises nouvelles économiques commencent à tomber. Le chômage ne baisse pas, la croissance économique est atone, les inégalités ne sont pas amenées à se réduire et la patience française devant la libéralisation tombe, impliquant au moins partiellement la remise en cause des capacités d’Emmanuel Macron à mener à bien son projet politique. Les départs du gouvernement de Nicolas Hulot, ministre le plus populaire et celui de Gérard Colomb, accompagnés dans les deux cas de critiques personnelles ont contribué à détériorer ce lien.
Lorsque le mouvement des « gilets jaunes » éclate, la popularité du mouvement est très importante. A ses débuts, 77% des français y sont favorables. La France qui se mobilise ne veut pas porter le chapeau et y compris parmi les plus aisés, on considère que ce n’est pas aux plus pauvres de payer.
Les classes moyennes inférieures alors qu’elles font des efforts, n’ont pas droit aux aides sociales comme ceux qui sont juste en dessous, elles aussi obligées de s’éloigner de plus en plus loin des grands centres urbains pour se loger alors que les mesures gouvernementales ont surtout bénéficié aux plus riches.
A ce moment, nous dit Jean-Daniel Lévy, nous sommes dans une situation proche de celle de 2001, à la suite de la mise en place des 35 heures qui s’est traduite par une défaite cuisante de la gauche aux élections municipales ainsi qu’à celle, mémorable, de Lionel Jospin à l’élection présidentielle de 2002.
• Que peut faire alors la Présidence Macron dans ce temps démocratique nouveau ?
Comme nous l’avons vu, les français raisonnent plus en termes de valeurs qu’en termes économiques. Lionel Jospin avait réussi à réduire sensiblement le chômage et a perdu les élections. En 1988, François Mitterrand a laissé un million de chômeurs en plus et a été réélu. François Hollande a réussi, études INSEE à l’appui, à en inverser la courbe mais n’a pas pu pour autant se représenter. Jean-Daniel Lévy considère la non défense des valeurs de gauche, par l’intéressé comme la cause majeure de la faiblesse de sa popularité. La loi El Khomri et le projet de déchéance de nationalité en seraient la cause.
La période à venir sera surtout marquée par l’évolution du mouvement des « gilets jaunes » et par les élections européennes. Il s’agira donc pour le pouvoir en place d’aller sur ce registre des valeurs qui ne tiennent pas forcément compte de l’efficacité de nos systèmes sociaux.
En ce qui concerne les élections européennes, ce débat sur les valeurs sera prégnant. En 2005, le débat avait porté principalement sur la confiance dans le projet européen, sur la place de la France et à son image dans l’Europe. Une Europe dont le poids politique serait supérieur à celui des marchés et dans laquelle l’aspiration française à l’égalité serait préservée.
Aujourd’hui encore, l’aspiration des Français est celle d’une Europe qui ressemblerait à peu de choses près à la France idéale. Cette France qui n’a pas pour autant une aspiration au compromis, avec ce type de facéties qui fait répondre aux français par la négative quant à l’appréciation de leurs services publics et positive quant à leur mise en place au niveau européen.
La réponse au mouvement des « gilets jaunes » et la façon dont le pouvoir la traitera aura probablement une grande influence sur la période à venir, compensant ou non la forte démobilisation de la part de ceux qui sont en faveur du projet européen.

Synthèse par Jean-Michel Eychenne membre du Cercle
1- Jean-Daniel Lévy est Directeur du Département Politique & Opinion chez Harris Interractive



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