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Sommaire de la Lettre N°47, février 2020


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" Europe "


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Nation, peuple et démocratie : la voie hongroise
Plénière du 21 février 2019



mise en ligne: lundi 17 février 2020

La Hongrie a été l’un des premiers pays dit de l’Est à ouvrir ses frontières (au printemps 1989) et l’un des pays qui s’est le plus naturellement associé, en 1991, à l’Europe. Elle a adhéré à l’UE en 2004 mais, depuis quelques années, ce pays manifeste dans ses élections et dans ses gouvernements une volonté de développer un « modèle hongrois » de démocratie, mêlant nationalisme et populisme, continuant sa participation à l’UE mais critiquant la supposée volonté de celle-ci d’imposer ses choix contre la nation, renforçant dans le même temps un pouvoir central contre les institutions de séparation des pouvoirs.

La crise migratoire a mis en évidence cette position particulière, la Hongrie refusant le passage des migrants et la politique des quotas de l’UE. Certains appellent cela « démocratie illibérale », en premier lieu, son premier ministre Victor Orban. Son appartenance au groupe de Visegrad a-t-elle une signification particulière de défense d’intérêts communs ou exprime-t-elle une position spéciale, libérale en économie, nationaliste en politique, au sein de l’Europe ? Le parlement européen a déclenché l’article 7 critiquant les atteintes à l’état de droit, dans les domaines de la justice, de la liberté de la presse et aussi des droits de l’homme.

Au cours de cette plénière du Cercle, Georges Karolyi, Ambassadeur de Hongrie en France, a accepté de nous répondre. Cette synthèse mêle toutefois ses propos avec quelques notations personnelles.

• Un gouvernement démocratique ?

Dans un court exposé liminaire, l’Ambassadeur de Hongrie nous a expliqué que la Hongrie avait un système de gouvernement démocratique, légitimé par des élections périodiques, et remplissant les critères de l’Union Européenne, notamment en matière de séparation des pouvoirs. L’idée que la démocratie « illibérale » est associée à la destruction des grandes libertés publiques (presse, opinion, indépendance de la justice) est, selon lui, fausse.
La presse est libre, la justice indépendante et la liberté d’opinion garantie. Cependant, reprenant l’expression, française, qui veut que la liberté s’arrête là où celle des autres est atteinte, il estime que la Hongrie lutte avec justesse contre la concurrence sauvage. Ainsi, a-t-il fallu que l’Etat intervienne pour limiter certains excès du « libéralisme » économique, rappelant que ce sont des gouvernements socialistes qui ont imposé la retraite par capitalisation, à laquelle le gouvernement Orban a mis fin en revenant à une retraite par répartition, 80% des cotisants le souhaitant. Les hongrois avaient aussi beaucoup souffert d’endettements pris en francs suisses jusqu’en 2008.

La Hongrie reste cependant un pays très ouvert à l’économie de marché et cherche à attirer les investisseurs. La loi assouplissant le droit du travail et permettant de payer les heures supplémentaires en « différé » apparait comme un appel aux investisseurs, notamment allemands, à continuer en Hongrie, mais selon Georges Karolyi, elle doit surtout aider les travailleurs hongrois à gagner plus.

• La question migratoire

Ce dernier n’a cependant pas répondu à nos questions sur l’émigration de nombreux jeunes hongrois, fuyant sans doute faibles salaires et perspectives.

Selon lui, l’un des objectifs de la politique actuelle est de donner la priorité aux travailleurs nationaux, quitte, vu le manque de main d’œuvre et les salaires faibles, à augmenter le temps de travail, mais il n’est pas question de favoriser l’apport d’étrangers. C’est un choix de société nous a-t-il dit. Les frontières sont ouvertes, mais elles ne doivent pas laisser rentrer des migrants.

Georges Karolyi a beaucoup insisté sur « l’invasion » de migrants économiques d’Afrique, laquelle ne devrait pas faiblir dans les années à venir. Il a un peu évité le sujet des migrants fuyant les guerres du Moyen Orient, sujet principal de la crise de 2015/2016. La religion musulmane de beaucoup d’entre eux apparait en effet pouvoir déstabiliser un pays qui a résisté aux invasions ottomanes et qui revendique aujourd’hui un destin chrétien.

L’Union Européenne est d’ailleurs accusée d’avoir voulu imposer aux Etats des quotas d’immigrés. La Hongrie a refusé. Il faut convenir que la Hongrie était devenue un lieu de passage important des migrants vers l’Allemagne. Pour autant, sa position a été maximaliste : aucun réfugié, et l’un d’entre eux est même emprisonné pour terrorisme alors qu’il rejoignait sa famille en Allemagne. On peut certes comprendre la position hongroise sur le faible soutien de l’UE à l’accueil des réfugiés, notamment envers les pays traversés (l’Italie et la Grèce et quelques autres pays Balkans sont dans cette situation), mais celle-ci apparait surtout comme une protection de la nation et de son identité magyare.

Cette politique nationale a été justifiée dans le recours à une politique nataliste (relancer la natalité hongroise) dans un moment où la fécondité s’effondre, pour favoriser les familles, favoriser « l’élevage » des enfants par les mères, interdire les mariages ou unions entre personnes d’un même sexe. C’est au nom de valeurs hongroises et plus spécifiquement chrétiennes que cette politique est mise en œuvre. Georges Karolyi nous a indiqué que des consultations populaires avaient été organisées à ce sujet, par votation via courrier prépayé. De même une votation a montré un net rejet des migrants. Mais est-ce un moyen démocratique, s’il n’y a pas de débat ? N’est-ce pas utiliser la peur pour gouverner ?

• Des libertés

Sur la liberté de la presse, Georges Karolyi a déclaré que la « majorité » des moyens d’expression étaient d’opposition. Il a cependant omis de préciser que le gouvernement, les administrations, etc., refusaient d’informer les organes de presse d’opposition, au prétexte « qu’ils ne donnent que de fausses informations ». De plus, la majorité des organes de presse a été progressivement reprise par des proches de Monsieur Orban depuis 2010. Difficile d’affirmer alors qu’ils appartiennent à l‘opposition.

Sur le cas de l’université Soros et de la liberté d’enseigner, Georges Karolyi nous a affirmé que celle-ci n’étaient pas interdite au sens réel du mot, mais qu’elle ne pouvait justifier pouvoir délivrer un diplôme reconnu et qu’elle n’existait donc pas vraiment. Or un décret de 2018 a spécifié qu’un diplôme étranger ne pouvait être reconnu par la Hongrie s’il était délivré par une université d’un Etat étranger, disposition semble-t-il créée ad hominem pour Soros. La défense du « public » est alors précieuse. On sait aussi que les études sur le genre ont été interdites. Ce qui n’empêche pas la Hongrie d’inviter avec des bourses des étudiants étrangers en plus grand nombre.
Enfin, il a été discuté de la position hongroise sur l’extermination des juifs en 1944 : Monsieur Orban n’a pas reconnu la responsabilité de l’Etat hongrois comme l’a fait Jacques Chirac en France, reportant cette responsabilité sur le gouvernement de l’époque, même si, il faut le dire, la France a mis longtemps à le faire. Georges. Karolyi a développé un discours argumenté mais essentiellement formel sur le respect global des règles démocratiques en Hongrie, appuyant une volonté nationaliste. Une défense et illustration « douce » de la démocratie dite « illibérale ». Il a également insisté sur le besoin d’un état protecteur. Selon lui, l’opinion hongroise est favorable à un « nationalisme » bien compris, reposant sur des « valeurs », une idéologie clairement conservatrice fondée sur une identité « magyare », refusant l’immigration.

Ce nationalisme seul pourrait renforcer l’Europe, une Europe des nations fortes, selon Georges Karolyi. Le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie) constitue un appui, tout comme les positions italiennes ou autrichiennes actuelles. Un peu comme le faisait l’Empire Romain Germanique. Serait-ce une nostalgie nécessaire ?

On peut certes comprendre qu’un pays central en Europe, qui a connu de nombreuses invasions et occupations, mais qui a été aussi l’un des cœurs d’empires, cherche à reconstruire une identité propre dans une Europe aux tendances uniformisantes. Mais cela ne risque-t-il pas de contribuer à un exode encore plus important ? Est-ce le meilleur rôle à jouer ?

Synthèse par Bernard Wolfer


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