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Sommaire de la Lettre N°47, février 2020


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" Europe "


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L’Europe après les élections européennes

Plénière du 20 juin 2019

mise en ligne: lundi 17 février 2020

Plus de quarante ans après la consécration de l’élection des membres du Parlement Européen au Suffrage Universel, l’institution la plus « démocratique » de l’Union Européenne n’a cessé de monter en puissance et l’élection de ses députés est un moment fort où les citoyens de l’Europe ont l’occasion de s’exprimer. Pourtant, force est de constater un désenchantement plus ou moins fort devant ce qu’est devenue l’Union Européenne. Beaucoup s’accordent sur la nécessité de repenser la construction européenne mais pas sur les modalités. Dans de nombreux discours en effet transparaît encore la crainte de voir l’Union Européenne prendre des mesures que les citoyens, voire les peuples, ne semblent pas ou peu maîtriser. Certains sont en passe de prononcer un divorce (le Brexit), d’autres se replient sur le cadre national, enfin quelques-uns croient encore en l’idée d’une Europe qui, avec davantage de prérogatives, serait en mesure de proposer un avenir meilleur aux citoyens européens.

Pierre Vimont nous a proposé de faire un état des lieux en prenant du recul, sans brosser ce qui serait une caricature pessimiste ni céder à une vision trop optimiste. En voici les grandes lignes :

Le résultat des dernières élections européennes est riche d’enseignements.

Les dernières élections européennes ont abouti à une dispersion des voix au-delà des deux grandes formations habituelles. L’extrême droite a amélioré ses scores, sauf aux Pays-Bas et au Danemark, mais sans connaitre la percée redoutée, et les écologistes ont progressé. On peut y voir une représentation élargie des citoyens européens malgré la faible participation, à peine plus de 50%, la Slovaquie avec 18% se montrant la moins intéressée. Les groupes nationalistes de certains pays (Italie, Pologne, Hongrie) ont gagné une forte représentation, mais les deux derniers restent clairement « européens », au moins par intérêt. Paradoxalement, cette diversité, qui se retrouve aussi au niveau des gouvernements, contribue à un espace public et politique plus ouvert qui n’existait guère auparavant.


• Les « réalités difficiles »

L’agenda politique sera marqué par quatre axes majeurs :

1- la défense et la sécurité, y compris les questions d’immigration ;

2- la croissance économique, les finances et le budget et donc les politiques communes ;

3- l’environnement et le changement climatique ;

4- les affaires
internationales.

Sur ces sujets, de nombreux désaccords existent :

sur la Politique Agricole Commune (PAC), les fonds structurels et de cohésion, les perspectives financières etc. Or ce sont les seules politiques communes, et elles sont de plus en plus objets de divergences sur leur intérêt et leurs usages.

Sur la défense et la sécurité, la position nouvelle des Etats-Unis sur l’OTAN renvoie l’UE à ses propres divisions sur son rôle de puissance, sa capacité à construire une autonomie stratégique et à reconstituer une industrie de défense, alors même que les anglais, principaux alliés dans ce domaine, s’en vont. L’Europe ne parait plus, ou pas encore, capable d’assurer la paix par elle-même face une menace russe réactivée, et à des pays proches des Balkans qui souhaitent étendre leur influence. La moitié de nos partenaires sont inquiets des menaces russes, ou de la Turquie et des pays comme l’Arabie Saoudite. Au Moyen-Orient, l’Europe ne pèse plus autant que par le passé dans les négociations face à une Russie qui y mène une politique active et des Etats-Unis qui cherchent à se désengager, de façon parfois illisible pour les européens. L’Europe assiste plus qu’elle ne participe aux événements.

La prospérité promise par la construction européenne n’est plus une certitude acquise. Les libertés de circulation et d’échange montrent des signes d’incohérences par des pratiques qui ont accru les concurrences et les divisions plutôt que la stabilité et la solidarité. La protection commune attendue par les européens n’est plus assurée par l’Europe, contribuant à des replis nationalistes, observés notamment dans les crises d’immigration et de demandes d’asiles. On constate une certaine remise en cause des valeurs démocratiques, avec un recul de l’indépendance de la justice, de la presse (Hongrie, Pologne) sans que l’Europe montre autre chose que son impuissance.

• Le paysage politique européen gagne en diversité

La traduction politique de ces « réalités difficiles » se manifeste par des appartenances plus divisées : trois grands groupes, avec leurs nuances internes. On trouve en premier lieu une famille nationaliste, elle-même partagée entre chrétiens traditionalistes, citoyens anti-immigration, anti-Europe (dont les anglais « Brexiters »), une droite légitimiste, contre la « morale permissive » des sociétés libérales. Au sein du Parlement, ces deux groupes ne se retrouvent pas ensemble, et même sur l’immigration, ils n’ont ni les mêmes problèmes ni les mêmes solutions. Un deuxième groupe, le groupe centriste, accueille des néolibéraux ou des ordo-libéraux, pro-OTAN, qui sont aussi des orphelins du Brexit, car ils composaient souvent avec les anglais. Enfin, un troisième groupe veut réformer l’Union en construisant une Europe de la défense, en faveur donc d’une « Europe puissance » globale, soucieuse du climat et de l’environnement, et unie face aux tentatives bilatérales (face par exemple au projet chinois de Nouvelles routes de la soie). Ce groupe constitue une alliance certes hétéroclite, entre libéraux progressistes, socialistes et écologistes, avec leurs divergences, ne serait-ce que générationnelles, mais ouvre un espace politique nouveau. Certains pays intermédiaires, les pays du Nord, ou de l’Est, sont en faveur d’un élargissement, alors que les autres y sont réticents. Or, cette question est centrale mais reste masquée, par peur d’ouvrir des débats. La fluidité des alliances va s’accroitre, marquant peut-être l’émergence d’un nouvel espace politique.

Le débat sur la construction européenne est devenu plus géopolitique que fonctionnel.

Dans ce paysage, l’un des enseignements est que le projet d’aller vers une Europe Fédérale ne semble plus de mise. La mise à disposition d’une plus grande part de souveraineté de chaque Etat au niveau de l’Union est aujourd’hui abandonnée. On le voit aux difficultés à renouveler certaines politiques européennes – la PAC étant la plus emblématique – mais aussi à en créer d’autres : Défense, énergie, etc. Le débat entre européens était fonctionnaliste jusqu’aux années 2000 ; il est devenu géopolitique et soumis aux influences extérieures, réduisant l’influence de l’Europe comme acteur à part entière. Devons-nous rattacher les pays des Balkans, ou les laisser aller aux vents des influences extérieures ? Abandonnés dans leurs difficultés intérieures par l’UE, certains se sont ainsi laissés attirer par la Chine (Grèce, Italie, Portugal) dans leurs choix d’investissements. Les questions d’immigrations, ou même de simple circulation ont conduit à des débats internes sans issue : Schengen ne fonctionne plus, mais va-t-on vers un noyau dur, laissant des marges ouvertes ? L’immigration polonaise (plus de 700 000 personnes) au Royaume-Uni a alimenté la campagne du Brexit. En Pologne, ce sont les immigrés ukrainiens qui font débat. La faiblesse démographique de nombreux pays renforce les oppositions à l’UE (Italie, Pologne, Hongrie, etc.) et alimente une idéologie anti-immigrés de plus en plus partagée. Or, le problème n’est pas l’afflux de personnes d’Afrique ou du Moyen-Orient, mais la baisse de la natalité en Europe et les émigrations intra-européennes. En 2050, l’Italie pourrait avoir dix millions d’emplois non pourvus, alors que plus de 160 000 jeunes la quittent chaque année. D’Espagne et du Portugal partent encore de nombreux jeunes vers le Nord. Ce qui est ressenti comme un « grand remplacement » par certains n’est peut-être que la conséquence de cette crise démographique, alimentée par une perte de confiance en l’avenir, mais aussi la conséquence d’un marché unique qui ne fonctionne plus. Les résistances à l’idée de « plus d’Europe » se manifestent également ailleurs. Ainsi, dans le domaine de la justice, seuls vingt Etats se sont entendus pour mettre en place un Procureur européen. Quant à ce qui peut être reconnu comme un modèle économique et social européen, il est manifestement en crise. La concurrence fiscale, sociale, prend souvent le pas sur la coopération et la solidarité.

• Quelle direction prendre ?

Se dessine une voie pragmatique : développer des politiques en noyaux durs, selon les besoins et les préoccupations des pays. Ce serait le cas pour Schengen, mais que deviendrait la libre circulation ? L’initiative internationale (de Défense) ne doit-elle pas se faire avec la Grande Bretagne, bientôt hors de l’UE ? On irait alors vers une Europe en archipels, avec des politiques différenciées et des acteurs variables. Ce serait aussi une façon de régler la question des élargissements.

Par ailleurs, ce que pourrait faire de mieux la Commission, avec le Parlement, c’est de mettre davantage sur la table les questions économiques, sociales, de sécurité et d’environnement. Il s’agirait notamment de préciser ce qui relève de la compétence nationale de ce qui relève d’un intérêt commun, à gérer au niveau européen. La Commission Européenne devrait promouvoir ces débats que les Etats ne souhaitent pas discuter spontanément à ce niveau.

La question des inégalités au sein de l’Europe demeure. Alors que la construction européenne, jusqu’aux élargissements, était de favoriser une convergence économique et sociale, on constate que les écarts s’accroissent entre Nord et Sud, entre Ouest et Est. Partout la coupure entre métropoles et les autres territoires s’exacerbe. La carte des résultats du référendum de 1992 témoignait déjà de ces oppositions, renforcées par l’ouverture à l’Est. Cela laisse l’impression que si beaucoup a été fait, on est aussi resté à moitié chemin en particulier sur le gouvernement économique.
Enfin, on peut espérer des contradictions entre politiques nationales et politiques européennes qu’elles alimentent un débat politique associant aussi les citoyens de l’Union. Et que de ce débat sortent des compromis nouveaux, des progrès. D’une certaine façon, les disputes parfois acres des dirigeants européens pourraient être la manifestation d’un débat politique comblant le déficit démocratique existant. Plus de politique, moins de gestion. La discussion a mis en évidence un certain nombre de difficultés actuelles auxquelles l’UE fait face. Pierre Vimont ne pense pas que le Brexit soit une chance pour l’Europe, car il va la déséquilibrer, encourager des pas de côté vers les Etats-Unis et ralentir la construction d’une Europe de la défense, dont le Royaume-Uni était l’un des grands acteurs. De plus, il règne en Europe une méfiance vis à vis de l’Allemagne dont l’orthodoxie monétaire et la réussite économique parait bloquer les initiatives.
Cette méfiance entre les pays européens est instrumentalisée par les Etats-Unis, mais aussi par la Russie ou la Chine, qui possèdent les moyens d’intervenir dans nos politiques par le commerce, les investissements (Chine), ou l’énergie (Russie). Mais peut-être faut-il que les pays européens développent aussi une conscience d’eux-mêmes en tant qu’espace politique, économique et culturel ?

Synthèse par Aymeric Petetin (avec Bernard Wolfer)



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