Le pire n’est pas certain

avec Catherine et Raphaël Larrère

5 février 2021,visioconférence

Catherine Larrère est professeur émérite de philosophie de l’université de Paris 1. Raphael Larrère est directeur de Recherches honoraire de l’INRAE; Ils ont publiés ensemble plusieurs ouvrages sur les questions environnementales.

Le dernier livre écrit conjointement par Catherine et Raphaël Larrère « Le pire n’est pas certain – Essai sur l’aveuglement catastrophiste » est issu d’une conférence sur le thème de la transition écologique à laquelle les deux auteurs ont participé à Cerisy en 2015, à un séminaire qui réunissait de nombreux autres intellectuels dont Yves Cochet, Dominique Méda et Jean-Pierre Dupuy.

 

 

 

 

La crise sanitaire de la Covid-19 a mis en évidence les difficultés rencontrées par nos sociétés globalisées pour gérer une telle pandémie qui touche un grand nombre mais aussi déstabilise fortement la vie sociale et économique. Il a été amplement décrit les possibles liens entre la contamination des humains pas ce virus et les changements écologiques survenus en Chine, dus à l’extension des domaines de production et d’habitats humains au dépens de régions jusqu’alors relativement préservées. Le confinement imposé par cette pandémie a montré que la baisse d’activité économique et des échanges diminuait grandement les pollutions. Certains ont alors déclaré que cette crise sanitaire hors norme annonçait un effondrement prochain des civilisations techno-industrielles, incapables de se réformer et d’agir contre les dégâts et destructions qu’elles entrainent.

Les thèses d’un grand effondrement, énoncées et défendues par les collapsologues, comme Pablo Servigne, ou Yves Cochet, militent pour la reconnaissance d’une fin du monde inéluctable, l’ère de « l’anthropocène » finale étant arrivée.

Depuis plus de soixante ans, de nombreux rapports (Meadows, Bruntland, etc.) observent les limites qu’ont atteintes nos sociétés en termes d’usages de notre planète et de ses ressources, et alertent les citoyens et les autorités. L’écologie politique s’est développée sur ces analyses. Le Giec, créé en 1988 par les Nations Unies, a depuis conforté dans ses rapports l’idée selon laquelle les activités humaines sont responsables du réchauffement climatiques pour une large part, et que ses conséquences seront dommageables pour l’humanité entière. Malgré les accords de Paris, il y a cinq ans, les changements économiques, sociaux et politiques augurent mal d’un succès des luttes pour réduire nos impacts sur le climat, mais aussi sur la nature et nos ressources.

Les discours catastrophistes prennent ainsi de l’ampleur. Ils témoignent nous disent Catherine et Raphaël Larrère d’une lecture attentive des chiffres et analyses, mais aussi de leur exploitation unilinéaire. Doit-on s’attendre au pire? Se préparer à une fin du monde? Ces discours millénaristes ne doivent pas être sous-estimés. On les retrouve aussi bien à droite qu’à gauche, sous des formes diverses jusqu’au survivalisme. Mais ils témoignent d’une absence de pensée politique.

Dans leur livre, le pire n’est pas certain ( 2020 éditions premier parallèle), ils dévoilent les origines mais aussi les apories des collapsologues et de leurs proches.. Leur analyse, fondée sur une connaissance de longue date des questions environnementales, est d’une grande utilité pour continuer à penser sur les questions environnementales, de transition énergétique, etc. En restant confrontés aux réalités, nous devons aussi continuer à penser la multiplicité des situations, et non nous satisfaire d’une fin annoncée contre laquelle nous n’aurions qu’à baisser les bras.

Les issues sont multiples et, dans tous les cas, la pensée politique est toujours nécessaire.

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