Les pesticides, un déni français, ou le confort de l’ignorance

Avec François DEDIEU

Sociologue, chercheur à l’INRAE

Jeudi 7 Mars 2024, Ligue de l’enseignement, 3 rue Juliette Récamier, Paris 7ème

François Dedieu est sociologue, chercheur à l’INRAE, IFRIS. Il enseigne à Sciences Po Paris et participe au laboratoire Crisis-Lab. Ses recherches portent sur l’action publique en matière environnementale. Comment les pouvoirs publics et les acteurs privés et associatifs des secteurs concernés agissent conjointement pour s’adapter (ou non) aux défis environnementaux contemporains.
Son livre : Pesticides, le confort de l’ignorance, 2022, aux éditions du Seuil

Source image : www.leseuil.com

Longtemps, l’usage des pesticides pour lutter contre les ravageurs des cultures a été considéré comme un acte de production bénéfique. On a même pu parler de protection des cultures et avancer, avec de bons arguments, que les pesticides contribuaient à la qualité autant qu’au rendement des produits végétaux pour l’alimentation.

Or depuis au moins trente ans, ces pesticides sont mis en cause pour leur utilisation « préventive »  systématique et leurs effets sur l’environnement, la biodiversité, et même sur la qualité des aliments (résidus). Pour autant, malgré des tentatives d’en réduire l’usage (plan ecophyto issu du Grenelle de l’environnement 2007 et ses suites), l’interdiction de certains d’entre eux, ils restent largement utilisés, en France comme en Europe et sont l’objet de défenses obstinées par les utilisateurs comme par les industriels fabricants. Les pouvoirs publics, pris entre exigences sanitaires et exigences productives, tergiversent. Les cas du Glyphosate et des néo-nicotinoïdes sont emblématiques, mais loin d’être les seuls.

La diminution rapide des insectes, dont certains bien utiles (abeilles) et des oiseaux, comme d’autres animaux, sont-ils l’effet de l’usage des pesticides ? Les débats font toujours rage.

Ils avaient commencé aux USA avec le livre de Rachel Carlson, le printemps silencieux qui a contribué à l’interdiction du DDT, notamment. C’étaient dans les années cinquante…Depuis de nombreux procès ont eu lieu. De nombreuses réglementations ont été élaborées et mises en œuvre, non sans difficultés.

François Dedieu a étudié les aspects scientifiques des évaluations des pesticides, à la fois pour leur autorisation de mise en marché et pour l’analyse de leurs effets pour la sécurité sanitaire. Il viendra nous exposer ses hypothèses sur une certaine ignorance entretenue par la façon même dont les évaluations scientifiques sont faites. Et en débattre avec nous.

Bernard Wolfer, Président du Cercle Condorcet de Paris

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