Après les attentats du 13 novembre 2015

Les attentats de vendredi soir nous ont tous brutalement plongés dans l’horreur. Ils ont été commis dans des lieux à proximité de la place de la République dont la charge symbolique est forte. Dans un quartier où se mélangent des populations de toutes origines, jeunes et moins jeunes, où se pratique particulièrement le goût français pour les plaisirs simples de la table et de la conversation. Ce n’est probablement pas un hasard si ce sont des terrasses de café ou de restaurant qui ont été les premières cibles suivies par un massacre dans une salle réputée pour accueillir des concerts de musique de rock, fréquentée par une jeunesse cosmopolite. Le stade de France, où se tenait un match de football amical entre la France et l’Allemagne, lieu de rassemblement populaire a été également visé.
La violence de ces attaques terroristes ne peut être justifiée par aucune raison politique ou religieuse, quelle qu’elle soit.
Nous portons le deuil de ces victimes innocentes et partageons la douleur des blessés, la peine de leurs proches : nous les assurons de notre soutien fraternel.

Ces assassinats visent à détruire ce qui est humain, ce qui est raison, esprit de progrès et de liberté, les valeurs de fraternité, le souci de l’égalité. C’est ce que nous devons défendre en défendant nos démocraties.

Mais nous devons aussi mettre en garde contre toute exploitation de ces événements dramatiques qui viserait à désigner une partie de la population comme bouc émissaire, au prétexte de sa religion ou de ses origines, à créer des fractures entre groupes humains, ou qui chercherait, au-delà des mesures de sécurité nécessaires, à restreindre durablement les libertés fondamentales. Les politiques au nom de la peur ou par l’exclusion se terminent toujours mal.

Nous tenons en particulier la laïcité, principe républicain de coexistence du pluralisme religieux, comme un moyen d’assurer la paix civile et à chacun la possibilité de pratiquer le culte de son choix.

Ils ont tué. Ne les laissons pas gagner en nous opposant entre nous et en cédant aux haines et aux vengeances.

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